Plus un cancer du sein est détecté tôt, plus les chances de guérison sont importantes. Dans mon cas, c’est ce qui s’est produit. Les femmes ne doivent pas hésiter à consulter leur médecin au moindre signe inhabituel, même quand elles sont jeunes. A l’hôpital, une femme m’avait confié avoir attendu 2 ou 3 mois avant de voir un médecin. Quelque chose n’allait pas, elle le savait mais elle n’était pas prête à affronter son gynécologue, préférant se réfugier dans une forme de déni.
Ma survie je la dois aussi à Dennis Salmon, un oncologue et chercheur américain de l’hôpital universitaire de Los Angeles. Salmon et son équipe ont découvert une anomalie génétique, à l’origine de la surproduction de la protéine HER2 par les cellules mammaires. Cette surexpression de HER2 entraîne une croissance très rapide des cellules cancéreuses. Grâce à son travail, Salmon a mis au point le trastuzumab. Avant l’arrivée de ce traitement d’immunothérapie, les femmes touchées, comme moi, par ce type de cancer, avaient un plus haut risque de récidive, une plus forte probabilité de métastases et une mortalité plus élevée. En résumé, je n’étais pas de bon pronostic et je ne serai plus là pour écrire ce blog…

La maladie m’a aussi fragilisée psychologiquement sans parler de l’affaiblissement physique liée aux effets secondaires des traitements mais je n’ai jamais voulu lâché, ni abandonné même dans les pires moments de doute. Durant de longs mois, j’ai dû me battre contre elle et je ne voulais pas qu’elle gagne la bataille. Mon entourage m’a aidée à surmonter cette épreuve et j’invite toutes les personnes touchées par le cancer à ne jamais s’isoler. Je suis désormais officiellement en rémission et mes cheveux ont repoussé, frisés dans un premier temps. Plusieurs coupes ont d’ailleurs été nécessaires avant de me reconnaître véritablement dans le mémoire.

La fatigue physique liée aux traitements ne s’estompe pas du jour au lendemain et la guérison psychologique est encore plus longue. Il faut digérer cette épreuve et vivre avec la crainte de la récidive. Du moment où vous allez mieux, votre entourage souffle aussi, heureux de vous voir tirée d’affaire. Ils ne vous l’avoueront jamais mais eux aussi, ont envisagé le pire. Maintenant ils s’imaginent que vous devez redevenir la personne que vous étiez auparavant. Tout effacer et se réadapter aux plaisirs de la vie, rire, sortir, boire, s’amuser. Ils ont raison, il faut passer à autre chose mais cela prend du temps. Lorsque vous êtes en rémission, vous devez tout d’abord faire le deuil de la mort car elle vous a frôlée pendant de longs mois. Votre vie s’arrête net avec le cancer. Vous vivez au jour le jour, ne sachant pas de quoi sera fait le lendemain. Je ne souhaite à personne ce que j’ai vécu, vraiment personne mais je crois sincèrement que seules les personnes qui ont connu ce genre d’épreuve peuvent véritablement comprendre ce que l’on endure.

Lorsque la maladie vous touche jeune, elle vous fauche en plein vol. Je me souviens de la réflexion d’Emma, la cousine d’une amie, elle-même atteinte d’un cancer du sein alors qu’elle n’avait pas encore 40 ans « On a finalement 10 voire 15 ans d’avance ». C’est vrai qu’à 40 ans, on est à la moitié de sa vie, au top professionnellement ou en pleine remise en question et en général on est occupée à élever ses enfants. Fort heureusement, on a d’autres préoccupations que de suivre un traitement anti-cancer.

Aujourd’hui la personne que je vois tous les matins dans le miroir, ce n’est plus tout à fait la même. Comme si j’avais démarré une seconde vie, comme si j’avais encore plus pris conscience de la fragilité de celle-ci, qui pouvait à tout moment s’arrêter. Ce qui compte désormais pour moi c’est de profiter de chaque jour qui passe et de vivre chaque journée comme si c’était la dernière. CARPE DIEM.

Le cancer du sein en chiffres (source Ligue contre le cancer) :
– Près d’une femme sur 9 sera concernée dans sa vie, le risque augmentant avec l’âge
– 54 000 nouveaux cas annuels
– 1er rang des cancers en terme de fréquence (33,5% de l’ensemble des nouveaux cas de cancer)
– 11 900 décès annuels
– 75% des cancers du sein se déclarent après 50 ans
Moins de 10 % des cancers surviennent avant 40 ans
– Age moyen au diagnostic : 61 ans

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s