On sait que les femmes ne peuvent pas avoir des enfants ad vitam aeternam. Contrairement aux hommes, nous avons une horloge biologique qui nous presse de faire des enfants. Surtout après 35 ans lorsque notre fertilité diminue. Et il faut avoir conscience qu’on ne fait pas des enfants quand on le souhaite ou qu’on en a envie. C’est avant tout dame nature qui décide pour nous. Face aux difficultés que je rencontrais pour avoir un enfant depuis mes 37 ans, j’ai décidé d’avoir recours à des traitements hormonaux à l’aube de mes 40 ans. C’était déjà trop tard. En franchissant la porte de ce cabinet spécialisé, Julien et moi cumulions trop de problèmes pour que cela puisse fonctionner. Mais nous avons voulu tenter. Cela aurait été dommage de ne pas suivre ces traitements qui s’offraient à nous. Nous avions droit à 4 FIV, alors pourquoi ne pas essayer ? Nous savions que nos chances de réussite étaient très minces : seulement 10 %. Dès la fin du deuxième essai qui se soldait par un échec, on nous encourageait à faire un don d’ovocytes, ce que nous ne souhaitions pas. Nous ne voulions pas nous résigner car nous pensions que c’était encore possible. Dans ces moments-là, on est fragiles et perdus et le praticien devient un peu la personne à qui l’on se raccroche, comme à une bouée. On finit presque par la considérer comme un sauveur qui pourrait nous permettre d’atteindre notre but. Lui-même ne voyait pas de « contre-indication médicale » à ce que nous poursuivions les FIV mais pensait-il vraiment que cela pourrait marcher ? Je finis par me dire qu’il nous laissait le temps nécessaire pour faire le deuil d’un enfant biologique…

Pour moi, il faut plus prévenir les femmes des limites de leur fertilité. Notre espérance de vie ne cesse d’augmenter mais notre fertilité ne bouge pas et elle aurait même tendance à baisser. On fait des enfants de plus en plus tard, et face à ce glissement de notre société, on est de plus en plus nombreuses à se retrouver dans les cabinets de PMA pour tenter de rattraper le temps. Quand je lis dans la presse que certaines people ont des enfants à 45 ans, voire même à 50 ans et plus, je me dis qu’on ment aux femmes. Mon gynécologue me racontait que, passé 42 ans, une grossesse sur 2 posait problème. Comment peuvent-elles être mères après 45 ans ? Est-ce qu’on dit aux femmes que cela passe forcément par un parcours de PMA ? Qu’elles ont forcément fait appel à un don d’ovocytes ? Le problème c’est que je suis sure que certaines femmes finissent par croire qu’elles peuvent elles aussi avoir un enfant sans problème à un âge avancé. Alors que c’est faux. Sans compter que ces grossesses ne sont pas sans risques non plus et qu’elles augmentent le risque de développer un cancer du sein.

Pour celles qui le peuvent, faire des enfants jeunes est certainement la solution la plus naturelle et la meilleure qui soit. Quand on est jeune, on produit des ovocytes de meilleure qualité. Mais encore faut-il avoir trouvé son compagnon et être prête à devenir mère. Quand une femme a ce projet de vie, il est parfois déjà trop tard. Alors on fait quoi nous les femmes ? On va défier le temps en allant à l’étranger pour un don d’ovocytes ? On va en Espagne congeler nos ovocytes plus jeune pour assurer nos arrières ?

Les hommes doivent aussi être sensibilisés. Il faut qu’ils aient plus conscience que nous ne sommes pas égaux sur le terrain de fertilité. Beaucoup d’hommes ne le savent pas. Et ils n’aiment pas quand les femmes leur mettent la pression pour avoir des enfants. Si elles le font parfois c’est à cause de cette horloge biologique qui tourne un peu trop vite. Un homme peut avoir des enfants toute sa vie alors que pour une femme, passé un âge, c’est terminé. Et il ne faut pas croire que l’infertilité est uniquement une affaire de femmes, les hommes sont eux aussi concernés par le problème : Plus de la moitié des problèmes d’infertilité chez les couples incombent à l’homme…

6 réflexions sur “La fertilité des femmes n’est pas éternelle

  1. Je lis tes articles dans leur chronologie…et tu développes dans ce post ce que j’ai commenté un peu plus tôt.
    La congélation des ovocytes serait-elle notre graal ? je crois en tout cas que ce serait une formidable avancée.
    Mais quand je vois les levées de bouclier suscitée par la proposition d’une multinationale d’offrir à ses employées la congélation de leurs ovocytes, je me dis que la route est encore beaucoup trop longue.
    http://www.lefigaro.fr/societes/2014/10/15/20005-20141015ARTFIG00103-facebook-et-apple-encouragent-la-congelation-d-ovules-de-leurs-salaries.php

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    1. Oui c’est toujours les femmes qui sont responsables. Et les hommes dans tout cela ? Où est leur part de responsabilité ? C’est pour cela que je souhaitais que mon blog soit autant lu par les hommes que par les femmes…

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  2. Pour sourire, disons que les examens qui les concernent sont carrément moins invasifs que pour nous…à part deux doigts dans le c*l pour tâter les burnes de l’intérieur, et quelques branlettes dans une pièce monacale. 🤣 La PMA m’a rendue trash…
    De fait, même si les résultats sont mauvais (OATS très sévère pour lui), le mauvais moment est vite éludé.
    Dans l’imaginaire, tant qu’un homme a des érections et qu’il éjacule, c’est que tout va bien : j’écris « dans l’imaginaire », en fait je suis plutôt certaine que c’est ce qui se passe dans la tête de 99% d’entre eux.
    Certains avaient commencé des blogs, je pense entre autres à PMAsculin, mais ils sont rares.

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