Julien finit par me dire oui deux mois plus tard :
« Allons-y, me dit-il un soir
– Allons-y, c’est à dire ?
– Arrête la pilule
– Tu ne prends pas cette décision pour me faire plaisir ?
– Non, pas du tout
– Ok
– C’est maintenant ou jamais ?
– Oui
– Alors allons-y
– Wahou. La bonne nouvelle du jour
– N’est-ce pas ?
– Oui. Tu sais ce midi j’ai lu un article qui expliquait à partir de quel moment un homme se sent père. Visiblement le déclic se produit le jour de la naissance de l’enfant, au moment où il tient le bébé dans ses bras. C’est là qu’il se dit, ça y est, je suis papa
– Ça peut se comprendre tu sais, l’homme apporte sa petite graine, suit la grossesse de sa femme mais reste un spectateur jusqu’à la naissance
– Certainement. Sache en tous les cas que je ne veux pas exercer une forme de pression sur toi. Si tu n’es pas prêt, je peux le comprendre
– Non, ne t’inquiète pas je sais ce que je fais
– Ok ».
Affaire classée. Quelques heures plus tard, je décide comme convenu de jeter ma plaquette de pilule. Adios amigos ! Je te quitte. Cela fait moins de 5 ans que je prends la pilule pour des raisons médicales suite à l’endométriose que l’on m’a diagnostiquée à 32 ans. Cette maladie gynécologique fait que l’endomètre (le tissu de l’utérus) va se développer en dehors de la cavité utérine, toucher d’autres organes et entraîner des douleurs pelviennes, voir des règles abondantes. Dans mon cas, je ne ressentais pas de douleurs mais j’avais des pertes de sang entre mes règles. A l’époque les examens que l’on m’avait prescrits avaient révélé la présence d’un kyste endométriosique à l’ovaire droit. Mon gynécologue m’avait alors opérée pour faire le ménage et ainsi me donner toutes les chances d’être maman un jour. Le praticien m’avait ensuite mise sous ménopause artificielle pendant 6 mois, période durant laquelle j’avais connu les joies que procurent les bouffées de chaleur. Puis je m’étais vue prescrire la pilule pour éviter tout risque de récidive. Je ne tenais pas particulièrement à la prendre mais c’était un moyen de lutter contre cette maladie. Quoiqu’il en soit, je ne pensais pas que Julien se décide aussi rapidement. J’imaginais qu’il mettrait plus de temps. Tant mieux. J’avoue que j’aurai pu être plus directe avec lui, en le prévenant que j’arrêtais la pilule. Certaines femmes, parfois plus jeunes que moi, préfèrent agir ainsi car les hommes ont du mal à savoir ce qu’ils veulent. Me concernant, je ne l’ai pas souhaité même si je sais que c’est souvent nous, les femmes, qui décidons du moment pour avoir des enfants. Pourquoi ? Parce que je voulais que cela soit aussi sa décision. Espérons désormais que je tombe enceinte. Qui sait cette grossesse pourrait arriver plus vite que prévu. De toute façon, rien ne sert de se mettre la pression. On verra bien après tout…

Une réflexion sur “28 mai 2011

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